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Christiane Germain : le leadership authentique et inspirant

Cofondatrice et coprésidente du Groupe Germain Hôtels, Christiane Germain a conquis le Québec et le Canada avec ses 13 établissements situés dans cinq provinces. Sa conquête est toutefois loin d’être terminée, car le Groupe souhaite étendre son marché avec l’ouverture de sept nouveaux hôtels d’ici 2020.

Entrepreneure aguerrie et femmes d’affaires humaine et déterminée, Christiane Germain a tout de l'entrepreneure moderne et accessible qui table sur l’authenticité pour faire croître son entreprise. Entretien avec une dragonne affable et consciente du privilège qu’elle a de poursuivre sa passion depuis plus de 30 ans.  

Vous êtes l’invitée d’honneur de Mme Rose-Marie Charest sur les leaders inspirants. Comment définiriez-vous votre propre leadership ? 

Je suis devenue une leader qui ne cherche plus le consensus à tout prix. Avant, je disais « c’est là qu’on s’en va », et on y allait ! J’essaie aujourd’hui de faire en sorte que les idées viennent de mes équipes, j’essaie de faire participer les gens. Si on veut que les gens s’épanouissent dans leur travail, il faut leur donner de la place. Mais il faut que les décisions se prennent, je n’ai pas de patience ! Je suis encore capable de trancher !

Mais c’est ma famille qui demeure ma première source d’inspiration et mon premier modèle de leadership. C’est elle qui m’a tout enseigné. Et même si mes parents ne sont plus de ce monde, leurs enseignements sont toujours présents. 

Vous êtes entrepreneure depuis plus de 30 ans, vous avez fait partie de l’émission Dans l’œil du dragon à titre de dragonne et vous vous impliquez auprès d’œuvres caritatives et d’institutions artistiques. Quelles sont les valeurs que vous partagez avec vos collaborateurs ? 

Pour que je décide de m’impliquer dans un projet, il faut qu’il soit vrai et authentique et dirigé par des gens que j’aime. La pérennité est aussi très importante, il ne faut pas que ce soit éphémère, mais que le projet s’inscrive dans la durée. C’est important de valoriser le travail des entrepreneurs qui ont reçu beaucoup et qui souhaitent redonner à la communauté ; ça fait partie des valeurs familiales qui me suivent toujours.

Quelles ont été les étapes/rencontres importantes qui vous ont permis de devenir une dirigeante inspirante ? 

Quand tu fondes une entreprise, que tu décides de faire carrière là-dedans, il y a plein d’étapes importantes. C’est comme un escalier que tu dois gravir une marche à la fois. Parfois, tu fais deux marches en même temps, mais tu montes graduellement quand même. En ce qui me concerne, j’ai toujours eu le goût d’être mon propre patron, d’être indépendante financièrement. Et je ne dis pas de faire de l’argent, mais d’être indépendante, c’est différent. En 1999, quand on a ouvert notre troisième hôtel à Montréal, c’était la première fois qu’on sortait de Québec. C’est vraiment là qu’on a réalisé qu’on pouvait conquérir le Canada. 

Quels principaux défis avez-vous dû surmonter en tant que leader ?

Autant pour les hommes que pour les femmes, quand on occupe un poste de leader, la conciliation travail-famille est un défi de tous les jours, qui n’est pas insurmontable, mais qui reste un défi.

Souvent, quand tu diriges des équipes, tu es seule comme l’expression : « lonely at the top ». 

À un certain moment donné dans ma carrière, j’ai dû me faire une carapace. Ce n’est pas toujours facile de faire comme si les choses ne me dérangeaient pas. Souvent, quand tu diriges des équipes, tu es seule comme l’expression : « lonely at the top ». Ce n’est pas facile de partager ses états d’âme quand tu es un leader, tu dois parfois les oublier pour le bien de l’équipe.

 

Enfin, qu’est-ce qui a changé dans la façon de faire des affaires depuis vos débuts à la fin des années 1980 ?

Dans la vie, quand tu as un côté performant, tu dois travailler fort, mais je trouve que les entrepreneures ont aujourd’hui la liberté d’être elles-mêmes et de ne plus emprunter leurs comportements aux hommes.

Il y a plus de femmes aujourd’hui. Avant, elles devaient se comporter comme des hommes pour réussir. Graduellement, les qualités féminines sont entrées dans le milieu du travail. On apprend à utiliser ses intuitions, à faire confiance à son instinct et à influencer les hommes. Le monde des affaires demeure difficile et compétitif, ce n’est pas plus facile qu’avant, mais je pense qu’aujourd’hui on a plus d’outils pour faire face aux défis du marché. 

Dans la vie, quand tu as un côté performant, tu dois travailler fort, mais je trouve que les entrepreneures ont aujourd’hui la liberté d’être elles-mêmes et de ne plus emprunter leurs comportements aux hommes.

Toute l’attention portée sur l’individu est aussi une nouveauté qu’on ne voyait pas avant. On sent aujourd’hui l’importance de se connaître comme personne pour devenir un leader et un gestionnaire mieux outillé. C’est une belle amélioration qui change tranquillement la façon dont on fait des affaires.

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Christiane Germain sera l’invitée d’honneur de Rose-Marie Charest lors de la formation Être un leader créatif et inspirant le 23 août prochain au CAMPUS Infopresse.

Photo : Bénédicte Brocard pour Groupe Germain Hôtels