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Pascale Chassé : « On ne peut pas réussir sans être habité par ce qui nous passionne. »

Après avoir travaillé pendant deux décennies chez Cossette, Pascale Chassé est maintenant directrice des communications du Musée des beaux-arts de Montréal depuis 2014. Entretien avec une formatrice Campus inspirée et l’un des trésors les mieux gardés de son musée.

Pascale, en quoi votre métier a-t-il changé ces dernières années ? 

J’ai la chance d’avoir vécu ma carrière au même rythme que l’évolution des communications et de la publicité, c’est-à-dire dans le changement. Je suis entrée chez Cossette en 1990, avant l’arrivée de l’internet ! J’étais la première de l’agence à y avoir accès, je me suis fait beaucoup d’amis, tout le monde venait à mon bureau ! (rires) 

J’ai commencé dans ce qu’on appelait l’unité Médias. À l’époque, tout ce qui était « média acheté » passait par l’unité pour laquelle je travaillais, ce qui incluait également la commandite. Au début des années 1990, c’était encore nouveau, ça ne faisait pas longtemps qu’on cherchait des commandites pour les festivals et la télévision. Je me suis mise à m’y intéresser un peu plus que la moyenne des gens, et avec les années, je me suis développé une expertise.

En 2014, il était temps de tirer ma révérence. Le poste de rêve au musée s’est présenté à moi et je ne pouvais pas le refuser ! J’ai toujours aimé la culture, même chez Cossette, je choisissais les clients qui gravitaient dans les secteurs créatifs. Les gens disent souvent que j’ai fait un changement de carrière, mais pas du tout ! Je fais la même chose qu’en agence, mais pour un seul client, une seule marque. Évidemment, la structure n’est pas la même au MBAM qu’en agence, car c’est la fondation qui s’occupe des commandites, mais mon rôle demeure relativement le même, soit de trouver des manières novatrices et efficaces de faire rayonner la marque et de faire connaître nos expériences artistiques.

Quel est le plus grand défi auquel vous avez dû fait face dans votre carrière ? Et qu’en avez-vous retiré ?

Les rencontres qu’on fait dans le milieu des communications sont toujours de grands défis. Il faut s’adapter et répondre aux attentes. Parfois, on fait des rencontres professionnelles tellement exceptionnelles que ça nous motive et change notre manière de voir les choses. Ça nous donne de l’énergie pour aller plus loin. J’en ai fait quelques-unes, à tous les niveaux, en agence avec un client ou des gens avec qui j’ai collaboré. Notre métier est tellement people, on sent l’humain partout. En soi, c’est un défi quotidien avec lequel tu dois toujours composer. Il faut rester à l’écoute et être toujours prête à réagir. Pour moi, Nathalie Bondil a été une rencontre assez exceptionnelle. Grâce à elle, le musée est maintenant pluridisciplinaire et offre des expériences artistiques et culturelles bonifiées. Nous sommes à l’écoute de tous les publics, tout le monde y trouve son compte, que ce soit la famille, les jeunes ou les personnes âgées, des initiés ou des gens qui s’y connaissent un peu moins et qui finalement découvrent le musée et des formes artistiques qu’ils aiment parce qu’elles leur sont présentées de façon plus accessible. Un travail d’équipe, c’est sûr, mais Nathalie Bondil, quand on parle d’innovation, elle est toujours partante, ce n’est pas quelqu’un qui dit non souvent ! (rires)

Ça fait 30 ans que vous travaillez pour les plus grandes marques. Quest-ce qui différencie le MBAM des autres marques avec lesquelles vous avez travaillé ?

Chaque marque a ses défis et nous avons les nôtres aussi. Par exemple, on n’est pas une marque commerciale avec des budgets incroyables. On est limité dans ce qu’on peut faire d’un point de vue financier. Cela dit, on a des partenaires extraordinaires ! Quand je suis arrivée au musée, ce qui m’a le plus impressionnée, c’est la communauté qu’il avait. La cote d’amour de la marque est élevée. Les gens du musée ont une réputation sans faille, le public apprécie notre institution, sa crédibilité est très forte.

Quel conseil donneriez-vous à la personne qui aimerait suivre vos traces ? 

Il faut avoir l’esprit ouvert et ne pas penser qu’on sait tout. On peut toujours apprendre, et c’est important d’être créatif et d’aimer ce qu’on fait. On ne peut pas réussir sans être habité par ce qui nous passionne. Il faut donc vraiment réfléchir à ce qu’on veut et ne veut pas faire dans la vie. Choisir des mandats qui vont nous rendre heureux, c’est fondamental. C’est certain que pour travailler au musée, il faut avoir un intérêt pour l’art et aimer aller voir des expositions, s’intéresser aux œuvres visuelles. Mais le plus important dans mon métier, ça reste les communications. Mon équipe des réseaux sociaux, par exemple, doit être forte sur le web, comprendre les codes du numérique et maîtriser ce type de langage à la perfection. C’est la même chose dans tous les secteurs et pour toutes les plateformes. Car pour faire passer un message, il faut connaître et exceller dans l’utilisation des outils avec lesquels on souhaite communiquer. Ce n’est pas plus compliqué que ça !

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Pascale Chassé animera la formation Se démarquer par une activation de commandite percutante le 21 novembre prochain.