Des formations conçues pour répondre aux enjeux des professionnels.

Katia Robillard: «Tu ne sors pas de l'université avec un poste de direction en agence!»

Vice-présidente et directrice générale de Citoyen Optimum et formatrice au Campus Infopresse, Katia Robillard œuvre dans l’industrie de la publicité et des communications depuis près de 20 ans. Passionnée et déterminée, elle a ouvert la voie de la pratique des relations publiques avec les influenceurs au Québec. Portrait.

1. Comment définiriez-vous votre parcours professionnel?

J’ai étudié en communication à l’Université de Montréal, ce qui m’a permis de toucher au journalisme, aux relations publiques et à la publicité. J’ai eu la chance de travailler pendant mes études pour un programme d’emploi d’été et d’échanges étudiants qui m’a permis de devenir coordonnatrice, puis directrice des communications et porte-parole du programme pendant deux ans. Mon diplôme en poche, c’était vraiment la publicité qui m’intéressait. Donc, j'ai travaillé du côté annonceur pour une entreprise en commerce de détail dans l’industrie de la rénovation. Je m’y occupais de la publicité imprimée et je m’assurais que les renseignements soient vrais et le visuel impeccable. J’y suis restée huit mois, parce que ça n’allait pas assez vite pour l’énergie que j’avais à donner! Ensuite, je me suis retrouvée au 98,5FM comme représentante, une expérience qui m’a fait comprendre l’univers de la radio et celui des ventes associées aux communications. Mais encore une fois, ma passion n’était pas comblée. Quand on termine ses études, on ne commence pas toujours avec notre emploi rêvé! J’ai donc travaillé dans des firmes de relations publiques qui m’ont fait grandir pendant huit ans avant d’arriver chez Citoyen Optimum. J’adore mon travail et je suis persuadée que c’est une des choses les plus importantes pour un étudiant qui commence, il faut aimer ce qu’on fait. Les communications, c’est demandant, mais en même temps, si l'on aime passionnément ce qu’on fait, l'on ne verra jamais les heures passer.

2. En quoi votre métier a-t-il changé ces dernières années?

En 2002, quand j’ai commencé, je faisais des relations de presse en utilisant majoritairement un télécopieur et un téléphone pour échanger avec les journalistes. Maintenant, un grand nombre des échanges se passent par courriel pour faciliter notre travail. Ce qui toutefois est plus difficile pour bâtir des relations. Les communications évoluent à une vitesse grand V et nous obligent à continuellement nous adapter. Depuis quelques années, les blogueurs sont apparus suivis par les youtubeurs et les instagrameurs, et ont complètement bousculé notre façon de travailler. Évidemment, des personnes d’influence, il existe depuis toujours, mais maintenant, avec les médias sociaux, l'on trouve plus de canaux pour diffuser l’information. Une personne qui aime un produit peut en parler un peu partout et obtenir une présence sur une multitude de plateformes. Pour une marque, la visibilité, c’est intéressant et ça compte beaucoup, alors qu’avant, tout fonctionnait davantage par bouche à oreille. On espérait qu’une personne d’influence parle de nous, c’était comme lancer une bouteille à la mer.

«Avant tout fonctionnait davantage par bouche à oreille, on espérait qu’une personne d’influence parle de notre marque, c’était comme lancer une bouteille à la mer.»

3. Quel est le plus grand défi auquel vous avez dû faire face dans votre parcours professionnel? Et qu’en avez-vous retiré?

2017 a été pour moi une grande année; j’ai été promue directrice générale chez Citoyen Optimum après huit ans de loyaux services. On a vécu du mouvement dans la dernière année, quelques membres de nos équipes ont décidé d’aller relever de nouveaux défis après plusieurs années au sein de l’entreprise. C’est une réalité à laquelle toutes les agences font face, tôt ou tard, mais en tant que chef d’entreprise, tu veux le meilleur pour les gens qui travaillent pour l’organisation. Tous les départs ont des répercussions sur l’entreprise. En ce qui me concerne, avec le recul, j'ai constaté que c’était bénéfique pour tout le monde. Parce qu’il est primordial d’avoir des gens qui ont envie de travailler pour l’organisation, mais qu’il est aussi tout à fait normal qu'ils souhaitent évoluer dans leur milieu de travail. Pour ma part, j’ai eu la chance, ces huit dernières années, de m’épanouir et de gravir les échelons au sein de Citoyen Optimum.

«Malheureusement, lorsque tu es gestionnaire, bien que tu veuilles faire avancer tes équipes, tu ne peux pas faire progresser tout le monde de la même façon et en même temps.»

Si je n’avais pas eu ce privilège, je ne serais sans doute pas là où je suis aujourd’hui. Mais malheureusement, lorsque tu es gestionnaire, bien que tu veuilles faire avancer tes équipes, tu ne peux pas faire progresser tout le monde de la même façon et en même temps.

4. Quel conseil donneriez-vous à la personne qui aimerait suivre vos traces? 

En relations publiques, on travaille dans un monde de relations. Il est donc important pour un jeune qui souhaite faire sa place dans le milieu de commencer, dès ses études, à construire son réseau. De plus, je l’encouragerais à s’entourer d’un mentor. Je suis une personne avec beaucoup de volonté, personne dans ma famille ne faisait ce que je fais actuellement. J’ai beaucoup de drive, je suis ambitieuse, travaillante et j’ai toujours mis les bouchées doubles pour arriver là où je voulais être. J’ai parfois l’impression que certaines personnes minimisent les sacrifices liés à l’accès au poste de direction.

«Je pense que les jeunes doivent s’investir pour se rendre à des niveaux supérieurs. Tu ne sors pas de l’université avec un poste de direction en agence!»

On a tendance à dire que la nouvelle génération veut tout et tout de suite. C’est parfois vrai. Chose certaine, dans notre domaine, le travail, l’expertise, la rigueur et la passion sont gages de progression et non juste le temps qui passe! Je pense que les jeunes doivent s’investir pour se rendre à des niveaux supérieurs. Le vieil adage que le travail paye est encore bien réel. Dans le travail, surtout en agence, il n’y a pas de nivellement par le bas. Cette notion d’effort et de dépassement de soi est bien réelle.

--

Katia Robillard est nouvellement formatrice au CAMPUS Infopresse. Elle animera la formation «Réussir votre lancement de produit» le 11 mai prochain, à Montréal. 

À Québec, Sherbrooke, Montréal, Trois-Rivières ou Gatineau, toutes les formations sont conçues afin de répondre aux problématiques d’affaires des participants. Leur contenu est constamment actualisé et adapté aux réalités locales pour refléter les enjeux du moment et présenter les cas les plus parlants.

Bâties pour des équipes de 15 personnes au maximum, toutes les formations présentées sur le site campus.infopresse.com et offertes en classe sont disponibles dans le cadre de formations en entreprise, partout au pays. 

Les formations, accréditées par la Sofeduc, sont admissibles à titre de dépense dans le cadre de la loi du 1% et une attestation officielle est remise à chaque cours validé.