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Étienne Mérineau: «Le plus grand défi d'un entrepreneur est le focus»

Cofondateur et chef du design conversationnel de Heyday.ai et formateur au CAMPUS Infopresse, Étienne Mérineau montre un parcours pavé de succès. Cité dans les plus grands quotidiens du monde et gagnant d'une pléthore de prix prestigieux, il a fait ses premières armes en publicité à 17 ans. Aujourd'hui, dans la trentaine, il est une référence mondiale en matière d'intelligence artificielle appliquée. Portrait. 

1. Comment définiriez-vous votre parcours professionnel?

Atypique et précoce. Je suis en quelque sorte né en pub. Mon père, Luc, était vice-président, création, de BCP. Alors, j’étais souvent amené à le suivre sur les plateaux de tournage ou en agence. Sans m’en rendre compte, j’ai vite baigné dans le milieu. Si bien qu’à l’été de mes 17 ans, j’ai entamé le premier chapitre de ma carrière (concepteur-rédacteur) avec un stage d’été chez Arthur & Merlin (ancêtre de Tank) auprès de La Cage aux Sports. J’ai travaillé dans plusieurs agences par la suite: Cossette, McCann, Sid Lee et DentsuBos. Après 10 années passées en agence (entrecoupées de mes études universitaires), j’ai senti le besoin de me réinventer. Je suis un peu une vieille âme, faut croire! J’ai eu ma crise de la quarantaine à 27 ans! Le réel catalyseur de cette transformation fut un séjour bref, mais ô combien formateur, à l'établissement Massachsetts Institute of Technology, en 2014, en tant que participant à la première édition de son programme Global Entrepreneurship Bootcamp.

À partir de ce moment, le compte à rebours était enclenché: la graine entrepreneuriale a commencé à germer en moi jusqu’à ce que je décide de faire le grand saut, le 4 janvier 2016, pour entamer mon deuxième chapitre. Aujourd’hui, je suis le cofondateur et chef du produit de Heyday.ai, une plateforme qui utilise l’intelligence artificielle pour aider les marques à créer et à automatiser des conversations plus personnalisées et engageantes sur les interfaces conversationnelles comme Facebook Messenger ou Google Assistant.

2. En quoi votre métier a-t-il changé ces dernières années?

Tout change (technologie, médias, processus, etc.), mais rien ne change vraiment puisqu’au final, une grande idée demeure une grande idée. Cela dit, avec l’émergence du numérique et du big data, les efforts des marketeurs deviennent de plus en plus mesurables. Il est clair que cette nouvelle réalité exerce une pression qui s’intensifie d’année en année sur les agences pour qu’elles changent leur modèle. Afin de conserver leur pertinence, les grandes agences doivent passer d’un champ d’action axé autour de la créativité publicitaire à une mission plus large et complexe: la créativité d’affaires. Les agences créatives doivent ressembler davantage à des consultants d’affaires et ceux-ci doivent, paradoxalement, s’inspirer des agences et des entreprises technologiques pour devenir plus créatifs.

«Pour conserver leur pertinence, les grandes agences doivent passer d’un champ d’action axé autour de la  créativité publicitaire à une mission plus large et complexe: la créativité d’affaires.»

Au final, la vérité se trouve probablement à l’intersection de la créativité, du data et des nouvelles technologies. De nouveaux alliages d’idées novatrices naîtront d’un croisement entre plusieurs disciplines. Notre grand défi aujourd’hui, en tant que marketeurs, est d’être à la fois des généralistes et des hyper spécialistes, des créatifs et des scientifiques; bref des gestionnaires hybrides capables d’employer les deux hémisphères de notre cerveau. La diversité et la complémentarité des talents sont donc plus primordiales que jamais au sein d’une équipe.

3. Quel est le plus grand défi auquel vous avez dû faire face dans votre parcours professionnel? Et qu’en avez-vous retiré?

Bâtir une entreprise émergente technologique sans connaissances techniques et sans argent, voilà un défi de taille! Par chance, j’ai eu l’occasion de rencontrer des cofondateurs en or, au bagage technique de classe mondiale (ex-Ubisoft, Lightspeed et Octasic). Cela m’a fait prendre conscience de toute la valeur d’une équipe complémentaire, surtout dans un contexte où tu te bats pour ta survie. L’entrepreneuriat donne à la fois confiance et rend plus humble. Peu importe ses compétences et son énergie, personne ne peut bâtir un grand projet à lui seul. Même si le succès semble souvent un objectif individualiste, il reste le fruit d’un travail d’équipe.

«De façon plus générale, le plus grand défi de n’importe quel entrepreneur est le focus.»

De façon plus générale, le plus grand défi de n’importe quel entrepreneur est le focus. Rester bien concentré sur sa vision et ses objectifs, gérer ses émotions dans les hauts comme dans les bas et faire fi du bruit (incertitudes, pressions externes, manque de ressources, rejet, etc.) pour se concentrer sur le signal... Tout ça peut sembler cliché, mais c’est un défi de tous les instants pour n’importe qui essayant de bâtir un projet à partir de rien.

4. Quel conseil donneriez-vous à la personne qui aimerait suivre vos traces?

Éviter à tout prix votre zone de confort, tant d’un point de vue intellectuel que financier. Ne pas avoir peur de prendre des paris risqués et de sortir des sentiers que vous avez déjà battus. Lorsque j’ai fait le grand saut pour lancer mon entreprise, plusieurs personnes pensaient que je faisais un genre de petit «suicide professionnel». J’ai quitté les agences, alors que j’entrais probablement dans mes meilleures années, tant d’un point de vue créatif que salarial. Il est facile de dire en rétrospective que cela a été un choix payant (ou du moins formateur) et que ma carrière n’en souffre pas trop. Si ça se trouve, ma carrière s’est radicalement accélérée à partir de ce tournant. Toutefois, à l’époque, ça semblait un pari extrêmement risqué, voire insensé. Je suis humain: comme tout le monde, j’avais hyper peur d’échouer. 

«CE SENTIMENT D’EXPLORER LIBREMENT MON POTENTIEL, C’EST UNE VICTOIRE EN SOI. UN SENTIMENT QUE J’HÉSITERAI TOUJOURS À TROQUER POUR DES MENOTTES DORÉES.»

J’ai toujours peur de l’échec, mais vaincre quotidiennement cette angoisse me permet d’évoluer à vitesse grand V et de me rapprocher de la réalisation de rêves que je croyais jusqu’à tout récemment impossibles. Juste ça, ce sentiment d’explorer librement mon potentiel, c’est une victoire en soit. Un sentiment que j’hésiterai toujours à troquer pour des menottes dorées.

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Étienne Mérineau est nouvellement formateur au CAMPUS Infopresse. Il animera la formation «Transformer vos pratiques de marketing grâce aux chatbots | Montréal» le 12 juin prochain à Montréal. 

À Québec, Sherbrooke, Montréal, Trois-Rivières ou Gatineau, toutes les formations sont conçues afin de répondre aux problématiques d’affaires des participants. Leur contenu est constamment actualisé et adapté aux réalités locales pour refléter les enjeux du moment et présenter les cas les plus parlants.

Bâties pour des équipes de 15 personnes au maximum, toutes les formations présentées sur le site campus.infopresse.com et offertes en classe sont disponibles dans le cadre de formations en entreprise, partout au pays. 

Les formations, accréditées par la Sofeduc, sont admissibles à titre de dépense dans le cadre de la loi du 1% et une attestation officielle est remise à chaque cours validé.